Le désir de l’enfant

Le désir de l’enfant

Proposition d’écriture

Il est important de distinguer le désir du besoin. Selon la définition du Robert le désir est une tendance qui porte à vouloir obtenir un objet connu ou imaginé, les synonymes sont envie, aspiration, vœu, souhait. C’est aussi la tendance consciente aux plaisirs sexuels. Tendance consciente de l’être vers un objet ou un acte déterminé qui comble une aspiration profonde (bonne ou mauvaise), de l’âme du cœur ou de l’esprit).

Désir de gloire, de jeunesse éternelle, d’évasion, de liberté, amoureux, etc…

Le désir, contrairement au besoin répond à un manque, à une frustration, et ne va pas sans l’objet de désir. Il est souvent obsédant et impossible à satisfaire entièrement. Le désir est rarement rationnel ou raisonnable, il peut apporter une emprise psychique et causer un trouble.

Le besoin est une exigence née de la nature ou de la vie sociale : besoin de manger, dormir, de défendre une cause, ressentir la nécessité. Il est nécessaire à la vie, lié au corps et n’est pas propre à l’homme, les plantes et les animaux ont des besoins.

Toute  notre vie est traversée par le désir, dès notre naissance et jusqu’à notre mort.L’enfant désire le sein de sa mère, puis l’amour du parent du sexe opposé, puis ainsi de suite.

Nous allons dans cette séquence tenter d’écrire ces traversées du désir.

Pour cette première séance, vous allez vous mettre dans la peau d’un enfant entre 7 et 10, ce pourrait être l’âge d’Alice aux pays des merveilles, cet âge de tous les désirs imaginaires, comme autant d’étapes pour pouvoir grandir et faire son chemin dans le monde des adultes.

La curiosité qui pousse Alice à ouvrir les portes, à descendre au fond du terrier, à boire la potion, etc… n’est elle pas désir ?

L’enfant dans ses narrations exprime toutes sortes de désir qui se faufilent en lui et qui contribuent à construire son identité. La lettre au Père Noel est sans doute un des premiers exemples, les premiers récits de ses exploits futurs également.

Pour cette séance je vous propose de transcrire sous la forme d’un monologue adressé ses désirs pour le futur, que ce soit pour lui (son métier) ou pour le monde. Le début doit commencer par « quand je serais grand je……. »

Vous prendrez soin de faire coller votre écriture au langage de l’enfant, ce récit peut faire la part grande au rêve, à l’espoir, à l’imaginaire. Vous serez à mi chemin entre la lettre au père Noël et le voyage d’Alice au pays des merveilles ! il sera écrit à la première personne du singulier évidemment !

« Alice aux pays des merveilles «  Lewis Carrol

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Quand je serai grand, je serai intelligent, on me répète tout le temps que je ne peux pas comprendre, que je suis trop petit.
Quand je serai grand, j’aurai tout compris, je saurai pourquoi le ciel est bleu, pourquoi les nuages ont des formes d’animaux, pourquoi il faut manger plus d’épinards et moins de bonbons. Ce que je changerai bien sûr, puisqu’une fois grand, je ferai tout ce que je veux. Je ferai le contraire de ce que je dis et j’aurai toujours raison

Je mettrai les cours à la place des récréations, je remplacerai les maitresses par des clowns ; Je changerai les règles du foot, dès que j’aurai perdu le ballon, on me le redonnera, à moi ou à Thomas, car Thomas c’est mon meilleur copain.

Quand je serai grand, je ne travaillerai pas, il faut voir la tête de mes parents le lundi matin, ça ne donne pas envie.
Je fabriquerai des billets et des pièces de monnaie ; les billets, je donnerai aux gens qui dorment dans la rue, pour qu’ils puissent aller à l’hôtel ; les pièces de monnaie, je les garderai pour m’acheter des bonbons ; j’en donnerai à Thomas mais aussi à Emilie ; elle est si belle Elodie et elle aime les fraises Tagada

Quand je serai grand, je me marierai avec Emilie ou avec Thomas, je choisirai à la Ploum.
On aura des enfants et je ne leur dirai jamais qu’ils ne peuvent pas comprendre car ils sont trop petits.

Texte de Pierre B.