Nos coups de coeur de lecture

« La lecture, ai-je découvert, vient avant l’écriture, une société peut exister – beaucoup existent – sans l’écriture, mais aucune société ne peut exister sans la lecture » extrait de « L’histoire de la lecture » de Alberto Manguel éditions Babel.

Que serait l’écriture sans la lecture ou vice versa, intimement liées comme les deux revers d’une pièce, il est apparu important de faire partager certains coups de cœur de lecture. Ils seront renouvelés au fil des découvertes et de l’année.

« Avec toutes mes sympathies » d’Olivia de Lamberterie.  Editions Livre de Poche.

L’autrice aborde avec tendresse, pudeur et justesse la vie puis la mort par suicide de son frère. Ce livre est bouleversant de vie malgré un sujet rugueux et difficile.

« Sur le fleuve Amour » de Joseph Delteil. Editions Cahiers Rouges, Grasset.

L’auteur du début du XXème, ami des surréalistes, met en scène Ludmilla, commandant d’un régiment de femmes dans l’armée tsariste, féministe avant l’heure. Elle sera entre autre accompagnée dans cette épopée par deux déserteurs bolchéviques. Il est porté par une écriture foisonnante, baroque, fantaisiste qui embarque le lecteur dans des univers insoupçonnés.

« Une éducation libertine » Jean Baptiste Del Amo.

Un jeune homme en 1760 va quitter sa Bretagne pour rejoindre Paris. Il errera longtemps dans les bas fond sordides parisiens avant de gouter la lumière. Mais quelle lumière ! C’est un roman d’apprentissage d’un jeune homme asservi par la chair. C’est un roman fort, portée par une écriture riche, crue et dense.

« Le vent reprend ses tours » Sylvie Germain.

Une fois encore Sylvie Germain nous embarque vers les frontières de l’invisible dans ce roman aux allures de conte. La quête de Nathan vers Gavril personnage énigmatique, qui fut le guide, le messager de son enfance, va être aussi la quête de lui-même.

« Le voyage d’Ibn Fattouma » de Naguib Mahfouz.

Ce roman ou conte initiatique dans le temps à la recherche d’une civilisation idéale, met en scène un voyageur, qui au gré de ses étapes va découvrir chaque étape de l’histoire de l’humanité en même temps qu’un système social.

La plus précieuse des marchandises de Jean-Claude Grumberg.

Conte philosophique sur fond de guerre et de front russe, où une pauvre bucheronne va recueillir une enfant jetée d’un train qui va… vers la mort. Une écriture simple belle et pure, pour une histoire à résonnances multiples.

Le cœur de l’Angleterre de Jonathan Coe.

Ou l’Angleterre par temps de Brexit, une Angleterre qui va faire basculer plusieurs destins d’hommes et de femmes. Passionnante analyse de l’Angleterre d’aujourd’hui à travers la vie de personnages attachants.

Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs de Mathias Enard.

Un livre foisonnant, truculent, rabelaisien, où l’on suit un jeune apprenti ethnologue dans la France profonde où la mort mène la danse.

Le chemin des estives de Charles Wright.

Ou le parcours initiatique d’un jeune homme s’offrant une virée buissonnière à travers les déserts du Massif Central. Ce récit de voyage est une ode à la désertion, à la liberté et au dépouillement.

Fille de Camille Laurens.

Ou l’importance des mots dans la construction d’une vie de fille et de femme. Une écriture fine, intime pour décrire les mouvements intérieurs de la construction d’une identité.

Cimetery road de Greg Iles.

Un polar palpitant qui nous plonge dans l’Amérique profonde à l’époque de Trump, et plus exactement au cœur du Mississipi où notre personnage revenu sur les terres de son enfance aura à s’impliquer malgré lui dans les affaires troubles de la ville où il a grandi.

Une bête au paradis de Cécile Coulon.

C’est l’histoire de deux personnages que tout va progressivement opposer, jusqu’à conduire à une vengeance que l’on peine à imaginer. C’est l’histoire d’une passion dévorante à plus d’un titre….