Catégories
les ateliers d'écriture du studio des mots

Yoga et atelier d’écriture.

Yoga et atelier d’écriture. « Ecrire son corps ». Domaine Le Payanet.

Prochains week-end programmés : 17/18 octobre et 21/22 novembre 2020.

Le Payanet, domaine au coeur du Parc Régional du Verdon à Saint Martin de Brômes, dédié au bien-être et à la créativité, nous accueille une fois par mois, le week-end. Les prochains week-end programmés sont les 17/18 octobre et 21/22 novembre 2020. Les inscriptions se font auprès du Domaine du Payanet, les ateliers d’écriture se déroulant dans le cadre d’un week-end Yoga. Le thème central des ateliers d’écriture sera notre rapport au corps.

« Notre corps. Qui est-il? Sujet de complexes, désirs, plaisirs et douleurs il est l’incarnation de notre existence. Quel est notre rapport à lui? Ami ou ennemi? Comment le décririez-vous? Et si votre corps parlait, qu’aurait il à vous dire? « 

Pour en savoir + sur les conditions d’accueil du Payanet.

Pour plus d’information, n’hésitez pas à nous contacter par mail : polphe@orange.fr


Catégories
les ateliers d'écriture du studio des mots

Atelier « Re-travailler ses textes »

Atelier « Re-travailler ses textes ».

Date à venir pour l’automne 2020.

Cet atelier s’adresse à toute personne désireuse d’approfondir sa démarche d’écriture en s’attardant sur un texte en particulier pour en évaluer les pistes de réécriture possibles.
C’est une expérience accessible à tous et toutes quelque soit  votre parcours d’écrivain. C’est une démarche différente des ateliers où seuls sont produits les premiers jets.
En savoir +

Catégories
les propostions d'écriture

Résultat du concours d’écriture autour de « Romanesque » de Lorànt Deutsch.

Ce concours d’écriture a été mis en place par Les Théâtres : Gymnase, Bernardines, Jeu de Paume, Le Grand Théâtre. Novembre 2019.

LE SUJET

Joutes verbales avec Lorànt Deutsch. Dans son livre intitulé Romanesque et dans son spectacle du même nom, Lorànt Deutsch affirme que l’expression « une autre paire de manches » viendrait des habits médiévaux, dont les manches n’étaient généralement pas fixées au vêtement, juste accrochées superficiellement. On pouvait ainsi nettoyer les manches sans passer toute la tenue au lavoir.
Dans certains cas, les manches étaient plus que des manches et lorsque la dame les séparait de sa robe et les offrait à son galant, c’était pour lui une promesse de bonheur. L’heureux soupirant arborait comme trophée les manches de sa belle mais quand son cœur inconstant regardait vers une autre tout changeait, il brandissait « une autre paire de manche »…. C’est la version de Lorànt Deutsch !

LA CONSIGNE

Nous vous proposons de lui écrire, donc de commencer le texte par « Cher Lorànt », en lui opposant une autre version (imaginaire bien sûr), à l’instar des joutes dominicales de feu l’émission « Des papous dans la tête ». Dans cette émission, Françoise Treussard et ses acolytes, proposaient de controverser des vérités historiques diverses et variées.

Vous vous amuserez, en notifiant vos sources (dates et témoignages fictifs), à trouver une autre origine à cette expression. Soyez précis, justifiez vos sources, vous avez à faire à un spécialiste de la langue française, vous devez donc être crédible.

Votre texte comportera au maximum 4000 caractères espaces compris et devra être envoyé le lundi 9 décembre 2019.

LE TEXTE GAGNANT

Cher Lorànt,

            Votre version pour expliquer l’expression : « une autre paire de manches » est tout à fait convaincante mais… Les bras m’en tombent ! Avec les manches d’ailleurs, cousues ou non car – toute convaincante qu’elle soit – cette explication n’est pas la vraie. Et c’est là le moindre de ses défauts… Vous n’y êtes pas du tout ! Vous tirez un fil qui n’est pas le bon. Votre histoire est cousue de fil blanc et malgré sa vraisemblance, n’oubliez pas, cher Lorànt, de vous méfier des apparences : l’habit ne fait pas le moine ! Votre explication est un peu simple et n’éclaire pas de manière satisfaisante le sens de l’expression qui a une origine – ô combien – plus complexe ! Et oui, c’est une autre paire de manches !

Je convoquerai, de plus, le grand Alain Rey qui fait autorité en la matière. Et que dit-il ? Il indique qu’il n’existe aucune attestation à votre hypothèse et, je le cite : « cette interprétation semble être le fruit de l’imagination anecdotique des commentateurs du XIXe siècle », ces derniers étant réputés pour avoir inventé de toutes pièces nombre d’explications étymologiques fantaisistes.

Vous êtes notre Viollet-le-Duc du verbe !

L’expression n’a donc rien à voir avec le champ sémantique du textile mais elle a une origine qui, je l’avoue, n’est pas coton… Cependant, je me lance dans l’entreprise de vous l’expliquer ; et ce, sans effets de manches !

Et nous verrons qui, dans cet échange, emportera les manches et le jeu !

Vous qui bâtissez des châteaux en Espagne ; et bien, c’est de ce côté-là justement qu’il faut remonter pour comprendre notre affaire. L’expression est attestée dans le dictionnaire de Alonso Sánchez de la Ballesta (1587) intitulé Dictionario de vocablos castellanos. Il nous apprend alors que la phrase se trouve en castillan dans le fameux Poème du Cid du XIIe siècle sous cette forme archaïque : « una otra (carretera) para de La Mancha » c’est-à-dire « une autre (route sous-entendue) à travers La Manche ». Pour rappel, on se situe dans le contexte de la Reconquête. A ce moment de l’épopée, on propose deux chemins à Rodrigue pour rejoindre la ville de Murcie dont le plus rapide qui traverse le royaume de Castille et La Manche. Ce chemin est présenté comme nettement plus compliqué et dangereux car La Mancha est une région dénudée et aride et régulièrement sillonnée par les troupes maures. Pensons à ces deux grandes victoires maures contre les chrétiens à cette période, celle de Zallaqa en 1086 et celle d’Alarcos en 1195. Ce ne sera pas un dilemme pour Rodrigue qui choisira la route dangereuse car « à vaincre sans péril on triomphe sans gloire » et il accomplira à cette occasion maintes prouesses chevaleresques.    

En effet, si certaines personnes parlent le français comme une vache espagnole, les Français pour leur part ont mal entendu et prononcé l’expression espagnole tout en ayant retenu le signifié. A cela l’évolution phonétique et les analogies des termes français nous a donc donné notre : « une autre paire de manches ».

Voilà, cher Lorànt, vous savez tout à présent et votre version, fort jolie au demeurant, n’en est pas moins, si vous me le permettez, « romanesque ». Romanesque dans le sens de fictive et dans le sens où vous êtes resté cantonné à la langue romane. Bref, vous avez fait tout un roman sur cette expression et encore, je mets les gants.

Avez-vous remarqué combien une expression en convoque d’autres dans une danse verbale où proverbes, dictons et autres formules se répondent parfois comme par magie. Et, disons, qu’avec nos deux versions, nous faisons… la paire !

Virginie ARANCED

Catégories
les propostions d'écriture

Le désir de l’enfant

Le désir de l’enfant

Proposition d’écriture

Il est important de distinguer le désir du besoin. Selon la définition du Robert le désir est une tendance qui porte à vouloir obtenir un objet connu ou imaginé, les synonymes sont envie, aspiration, vœu, souhait. C’est aussi la tendance consciente aux plaisirs sexuels. Tendance consciente de l’être vers un objet ou un acte déterminé qui comble une aspiration profonde (bonne ou mauvaise), de l’âme du cœur ou de l’esprit).

Désir de gloire, de jeunesse éternelle, d’évasion, de liberté, amoureux, etc…

Le désir, contrairement au besoin répond à un manque, à une frustration, et ne va pas sans l’objet de désir. Il est souvent obsédant et impossible à satisfaire entièrement. Le désir est rarement rationnel ou raisonnable, il peut apporter une emprise psychique et causer un trouble.

Le besoin est une exigence née de la nature ou de la vie sociale : besoin de manger, dormir, de défendre une cause, ressentir la nécessité. Il est nécessaire à la vie, lié au corps et n’est pas propre à l’homme, les plantes et les animaux ont des besoins.

Toute  notre vie est traversée par le désir, dès notre naissance et jusqu’à notre mort.L’enfant désire le sein de sa mère, puis l’amour du parent du sexe opposé, puis ainsi de suite.

Nous allons dans cette séquence tenter d’écrire ces traversées du désir.

Pour cette première séance, vous allez vous mettre dans la peau d’un enfant entre 7 et 10, ce pourrait être l’âge d’Alice aux pays des merveilles, cet âge de tous les désirs imaginaires, comme autant d’étapes pour pouvoir grandir et faire son chemin dans le monde des adultes.

La curiosité qui pousse Alice à ouvrir les portes, à descendre au fond du terrier, à boire la potion, etc… n’est elle pas désir ?

L’enfant dans ses narrations exprime toutes sortes de désir qui se faufilent en lui et qui contribuent à construire son identité. La lettre au Père Noel est sans doute un des premiers exemples, les premiers récits de ses exploits futurs également.

Pour cette séance je vous propose de transcrire sous la forme d’un monologue adressé ses désirs pour le futur, que ce soit pour lui (son métier) ou pour le monde. Le début doit commencer par « quand je serais grand je……. »

Vous prendrez soin de faire coller votre écriture au langage de l’enfant, ce récit peut faire la part grande au rêve, à l’espoir, à l’imaginaire. Vous serez à mi chemin entre la lettre au père Noël et le voyage d’Alice au pays des merveilles ! il sera écrit à la première personne du singulier évidemment !

« Alice aux pays des merveilles «  Lewis Carrol

—————————————–

Quand je serai grand, je serai intelligent, on me répète tout le temps que je ne peux pas comprendre, que je suis trop petit.
Quand je serai grand, j’aurai tout compris, je saurai pourquoi le ciel est bleu, pourquoi les nuages ont des formes d’animaux, pourquoi il faut manger plus d’épinards et moins de bonbons. Ce que je changerai bien sûr, puisqu’une fois grand, je ferai tout ce que je veux. Je ferai le contraire de ce que je dis et j’aurai toujours raison

Je mettrai les cours à la place des récréations, je remplacerai les maitresses par des clowns ; Je changerai les règles du foot, dès que j’aurai perdu le ballon, on me le redonnera, à moi ou à Thomas, car Thomas c’est mon meilleur copain.

Quand je serai grand, je ne travaillerai pas, il faut voir la tête de mes parents le lundi matin, ça ne donne pas envie.
Je fabriquerai des billets et des pièces de monnaie ; les billets, je donnerai aux gens qui dorment dans la rue, pour qu’ils puissent aller à l’hôtel ; les pièces de monnaie, je les garderai pour m’acheter des bonbons ; j’en donnerai à Thomas mais aussi à Emilie ; elle est si belle Elodie et elle aime les fraises Tagada

Quand je serai grand, je me marierai avec Emilie ou avec Thomas, je choisirai à la Ploum.
On aura des enfants et je ne leur dirai jamais qu’ils ne peuvent pas comprendre car ils sont trop petits.

Texte de Pierre B.

Catégories
les propostions d'écriture

Eux sur la photo

Eux sur la photo

Combien d’entre nous n’ont pas gouté à ce petit bonheur de replonger ses mains dans les boites à photo ou dans les albums de famille, s’interrogeant avec des « c’est qui lui ? » ou bien «  t’as vu la tête que tu faisais là ?! », ou encore « qu’il était moche l’oncle Robert ! »….

Aujourd’hui vous avez devant vous la photo d’un des participants enfant, vous ne pouvez pas forcément deviner qui il est, alors vous allez vous amuser à réinventer la scène qui a été celle de la prise de vue avec les quelques éléments que vous découvrirez sur cette photo. Soit vous ferez parler l’enfant qu’on a pris en photo, soit le photographe au choix.

Inventez nous les souvenirs liés à cette prise de vue, ce sera amusant de les comparer à ceux de son propriétaire. 

Nous interrogerons ainsi ce que les photos véhiculent, de quoi elles nous parlent, et comment elles participent au maillage de notre histoire.

Ne la montrez pas à votre voisin ou voisine, il pourrait se reconnaître, il faut garder la surprise pour la fin…..

« Eux sur la photo » ou bien « L’odeur de la forêt » d’Hélène Gestern aux Editions Arléa.

————————————————

« Qu’est-ce qu’il veut Tonton? Je comprends rien à ce qu’il me dit… faut sourire ou pas? Chais pas ! 

Je peux gigoter ou faut pas bouger? Moi je bouge pas ! De toute façon je suis saucissonné entre mes deux grandes cousines qui piaillent et ricannent très fort. Elles sont trop contentes de poser sur la photo. Ben, c’est normal en même temps, les filles, elles sont coquettes!

Moi, là, je suis sage et c’est Maman qui va être fière. C’est elle qui répète toujours « je suis tellement fière de toi mon Jeannot quand tu es sage et que tu te tiens bien! » et puis il peut se passer n’importe quoi, je suis heureux ! même si j’ai un peu trop chaud….

C’est moi, la star aujourd’hui, avec mon bel imper de pompier, tout neuf et mon chapeau de pluie. 

Tonton, il dit : « Jeannot, tu as de la classe, mon bonhomme! » 

J’en ai tellement rêvé de cet imper noir que quand Papa et Maman me l’ont offert tout à l’heure pour mes 4 ans, j’ai pas pu résister! Je l’ai mis aussitôt avec le chapeau aussi 

Je me sens fort dedans… Fort comme un pompier de Paris! 

J’aimerais tellement être pompier…! Quand je serai grand, je sauverai des tas de gens, ils pleureront ensuite comme dans les films et ils me serreront dans leurs bras en m’embrassant…

Depuis que j’ai vu ce film avec Papa, du pompier qui monte sur la grande échelle pour sauver des flammes, un bébé en pleurs et sa maman, je m’imagine pareil que lui :

Courageux / Téméraire / Toutes les filles m’aiment 

Bon, n’empêche il tarde à prendre sa photo Tonton, il dit « j’ai pas la bonne lumière » 

« Jean est décidément trop mignon ! Il fixe mon objectif de ses grands yeux noisettes et attentif, il ne bouge pas d’un cil, comme absorbé. Tout juste si il respire…. Alors que Margaux et Camille, elles, un coup elles regardent en l’air, un coup font des grimaces.. compliqué de prendre le trio infernal en photo! D’ailleurs, je dois me concentrer parce que je n’arrive pas à avoir dans le champ de mon objectif les 3 visages, avec la même netteté. Soit j’ai Margaux et Camille et Jeannot passe aux oubliettes, soit j’ai Jeannot et je deviens coupeur des têtes des cousines! Je dois décider de la meilleure photo à prendre…. 

En même temps, ya pas photo le star de la journée c’est jean 

Jean dont on fête les 4 ans, jean qui tient à porter sa panoplie imper et chapeau en Sky noir alors qu’il fait 35 degrés à l’ombre, le pauvre minot, il doit ruisseler comme dans un sauna avec son attirail sur le dos! Ah là, ça y est , je l’ai ma photo, je suis sur qu’elle sera réussie. Le cadrage est parfait!!

Ahhh… il est chou mon neveu, quand je serai père, un jour surement, j’aimerais avoir un fils comme lui…

Ma soeur a raison, il est sucré comme un pot de confiture ce gamin. Juste un truc, j’ai jamais compris pourquoi elle lui fait toujours cette coupe au bol; avec cette frange en escalier??? Elle est pas coiffeuse ma petite soeur !

Texte de Teresa D.

Catégories
Non classé

les joies de l’atelier poème de Marie Jo

Quand on a comme nous adoré la lecture

Les contes, les nouvelles, les sagas, les romans,

Un jour nous est venue l’idée de l’écriture

Au plus profond de nous et très discrètement.

On n’ose pas afficher une telle ambition.

Dans nos carnets secrets naissent des créations

Basées sur le vécu, ce qu’on a déjà vu…

 

Puis on voit une annonce, un encart, un papier.

On rencontre des gens membres d’un atelier.

On s’inscrit mais ce n’est vraiment pas pour produire

Ce que le dernier prix Goncourt n’a pas su dire !

Quand on a le sujet, on marque un temps d’arrêt

Rassemblant nos idées, on pense, on réfléchit

Et puis, c’est surprenant, tout d’un coup, c’est parti !

 

Réalité d’abord, on veut parler de nous

Mais là le coeur s’emballe, ça ne va pas du tout !

Les émotions remontent et on est submergé..

On nous conseille alors d’être plus distancié.

On choisit la fiction, une histoire inventée

Et on apprend ainsi ce qu’est le « mentir vrai ».

 

Ce qu’on craint au début, c’est une toute autre épreuve.

C’est l’instant où, aux autres on doit relire notre oeuvre.

On rechigne, on s’excuse, grimace et atermoie

Et puis encouragé on sort enfin de soi.

Les mots sont savoureux et les phrases s’enchaînent

On en écrit des pages qui ne sont pas proustiennes !

C’est en temps limité qu’on couche notre prose.

Quand on est inspiré, on écrit autre chose,

Quelques strophes rythmées ou des alexandrins

Qui nous viennent tout seuls et qu’on scande si bien!

 

Vous trouvez que c’est ouf ? Ou bien que c’est relou ?

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

Marie Jo

Catégories
Non classé

l’Enfant qui

Atelier d’écriture Théâtre du Jeu de Paume.  Séquence « Les étapes de la vie »: L’enfance

J’ai choisi pour cette séquence de nouvelle année, les âges de la vie. Nous allons dérouler ainsi l’enfance, l’adolescence, l’entrée dans la vie d’adulte (ou pas !) la maturité et la vieillesse. S’attarder à écrire sur ce qui fait la spécificité de chaque étape de vie, et tenter de s’en approcher en écriture. Retrouver, reconnecter l’univers propre à chaque étape, ce qui est agit et le mettre en mot, telle va être notre aventure des quatre semaines à venir.

Pour commencer, bien sûr l’enfance, ce moment si propice à l’imaginaire, aux jeux, aux découvertes, aux peurs, aux chimères, aux avatars. L’enfant se crée son monde, accessible qu’à lui et souvent hermétique aux adultes. Je vais vous proposer, en prenant modèle sur le livre de Jeanne Benameur « l’Enfant qui » de tout à la fois vous plonger dans un imaginaire d’enfant en l’écrivant et en même temps de rendre compte de ce que le narrateur observe. Vous avez déjà expérimenté cette double voix avec notre chauffeur de taxi. Votre texte ce composera de séries paragraphes, tantôt mettant en scène la voix imaginaire de l’enfant, tant celle du narrateur qui porte le regard sur lui, Ecrire le discours que se fait l’enfant à lui même, à son ami imaginaire, à sa chimère, en utilisant le « tu » et le « je » à la manière dont se parlent les enfants et l’entremêler du récit du narrateur écrit au « je » observant l’enfant, s’en amusant ou bien s’inquiétant pour lui.

Prenez le temps de lister des moments ou des situations d’enfant ou de votre enfance où l’imaginaire prenait toute la place, utilisez le mode de la liste en commençant par « l’enfant qui… »

L’enfant qui fait des routes dans la purée

L’enfant qui traine son chien à roulettes

L’enfant qui souffle sur la vitre l’hiver

L’enfant qui regarde les nuages filer

L’enfant qui met la tête sous l’eau dans la baignoire et entend son cœur battre

L’enfant qui rampe pour être comme la fourmi

L’enfant qui invite dans sa cabane l’ami imaginaire

Faites nous entendre sa voix intérieure écrite au tu, puis alternativement celle du narrateur qui l’observe.

Jeanne Benameur « L’enfant qui… »

———————————————————————————————————————-

L’enfant qui… 

 » Un, deux trois, même pas peur !  quatre cinq six tralalalala ! Sept huit neuf youpi yo j’ai le droit !

Un pas après l’autre. Je suis forte. Je regarde à gauche, je regarde à droite, je traverse doucement.

Attention ! Attention quand tu traverses elle m’a dit maman.

Même pas peur.

Je regarde de partout. C’est pas parce que j’ai peur . C’est si jamais un gros monsieur voulait m’enlever. Il me dirait viens par ici ma jolie petite fille et puis il me par la main et il me tirerait fort jusque dans sa voiture…

AhAh…Même pas peur !

T’es là petite sœur ? Serre moi fort la main. Je t’emmène à l’école. Il ne faut pas que tu aies peur. Je suis ta grande sœur et je te protège.

Je ferais comme ça si t’existais, petite sœur. Je te le promets je serais gentille gentille. Pas comme mes grande sœurs à moi qui n’arrêtent pas de m’embêter.

Mais aujourd’hui on dit que t’existes. D’accord, petite soeur ?

Tu vois, je t’explique. Aujourd’hui c’est la première fois que je vais à l’école toute seule.

Qu’elle est jolie ! Je sais je ne devrais pas. Je lui ai promis de la laisser aller seule. Mais elle est si petite. Et j’aime tellement la voir trottiner sagement, à petits pas.

Ah…attention, mon amour. Attention à toi en traversant. Oui, c’est bien mon bébé. Maman est fière de toi.

Je me souviens de la première fois où je suis allée seule dans la rue. J’étais terrorisée. Et pourtant le monde était plus tranquille qu’aujourd’hui.

Oui, tu sais, aujourd’hui c’est la première fois que je vais à l’école toute seule. ce n’est pas rien petite sœur, tu verras quand ce sera ton tour.

Mais t’inquiète pas je connais le chemin.

Toutes les deux on n’a même pas peur. Hein, qu’on n’a même pas peur ?

On va dire aux copines de l’école qu’on est venues seules, tu vas voir, elles vont faire une de ces têtes!

Eh ! Attention ! Tu vois le bonhomme là bas en face ? Il a l’air trop bizarre. Viens, on traverse.

Mon petit bouchon ! Elle se débrouille bien. Elle a toujours été dégourdie . Mais… pourquoi elle travers ? C’est pas le trajet ça.

Attention en traversant, attention en traversant, c’est maman qui nous l’a dit. Tu t’en souviens petite soeur ?

Si elle nous voyait traverser ici, elle serait pas contente. Mais moi je lui expliquerais que c’est à cause de l’homme bizarre et elle pourrait pas npous gronder.

Bon encre une rue puis on tourne après le panneau et au bout il ya l’école.

Facile, hein ?

Même pas peur !

C’est quelle est prudente ma merveille, j’ai bien fait de lui faire confiance.

Elle n’a pas l’air d’avoir peur. C’est qu’elle grandit. Faut que je me fasse une raison.

Hop, on tourne et ouf le portail au bout de la rue.

Et puis voilà ma copine Chloé. Bon je te laisse petite sœur !

« Ho ho Chloé ! Tu m’attends ! »

Mon bébé a retrouvé Chloé. Les voilà à l’abri du portail de l’école. Je peux rentrer. Hihi. Même pas peur.

Brigitte Quittet