la rentrée des classes

proposition : la rentrée des classes

Ca y est ! la rentrée a sonné, cloches tintantes, cartable neuf, cahiers proprement empilés ; Je vais vous proposer de vous plonger dans vos souvenirs de rentrée des classes, ceux que quand vous étiez petit (classe primaire) en vous centrant sur vos souvenirs matériels (fournitures), mais aussi ceux des lieux (classe salle de classes, école), du quartier, de la rue, de la ville. 

Associez les détails ainsi retrouvés à des sensations, des joies, des peurs, des envies.

Vous recréerez ainsi l’univers qui fut le vôtre dans ces premiers pas d’écriture et de savoir. Le but est de vous imaginer écolier à la rentrée des classes !

Pour vous aider vous pouvez utiliser le célèbre « je me souviens de Perec » utilisant la répétition et des phrases courtes. Vous pouvez également vous servir de l’inventaire : paragraphes courts, composés de deux ou trois phrases sur le même thème ou objets. Les paragraphes peuvent ne pas avoir de lien entre eux.

Audio « le petit Nicolas » un souvenir qu’on va chérir

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Jean-Louis qui rit, Jean-Louis qui pleure… Et qui rit
Je me souviens des vacances d’été qui touchent à leurs fins, ce mélange d’excitation de la nouveauté de la rentrée et de la tristesse de la fin de l’insouciance des vacances.
Je me souviens de l’envie de nouveaux vêtements, d’un nouveau cartable, d’une nouvelle maîtresse, de la joie de ces nouvelles fournitures. L’enthousiasme de ces grands cahiers de couleurs, immaculés qui attendent sagement qu’on les remplisse.
Je me souviens de l’envie, du plaisir de retrouver les camarades, plus vieux d’un été mais aussi de nouvelles rencontres, de nouveaux visages, de nouveaux prénoms, de nouvelles voix.
Je me souviens de l’enthousiasme de la nouveauté, du changement qui très vite, laissera sa place à la routine et à la lassitude.
La rentrée c’est drôle, mais les jours qui suivent, qui se répètent, les devoirs, les leçons, les exercices, ça l’est beaucoup moins quand on est un enfant joyeux et insouciant.
Il y a parfois la maîtresse qui fronce les sourcils, qui gronde quand on ne comprend pas. La maîtresse qui se transforme en fée Carabosse. Et surtout, il y a les bêtises avec les copains, quel bonheur et là on peut dire qu’on se fend vraiment la poire. Plus c’est bête et on plus on rit. Ça grimace, ça gesticule, ça fait des grands signes dans le dos de la maîtresse, et ça pouffe et ça rigole, ça imite, ça caricature, ça singe.
Et boum, ça tombe, le piège se referme brutalement, brusquement, soudainement. La maîtresse s’est retournée et je suis pris les doigts dans le pot de confiture, à l’abricot bien sûr, c’est ma préférée.
« Jean-Louis, donne-moi ton carnet de liaisons ».
Mon monde s’écroule, je passe de la joie à la terreur. Déjà, dans les méandres de mon petit cerveau, les scénarios se dessinent, vite, vite. Comment vais-je gérer le mot à faire signer par les parents ? Tout à l’heure, avec les copains on a vraiment bien rigolé, mais là tout de suite, je ne ris plus du tout.
Il faut que j’en parle à ma mère, elle, elle me sauvera du courroux de mon père. Ce père autoritaire, qui fait peur avec sa grosse voix, ses yeux noirs et sa moustache noire de gendarme d’opérette.
Je suis terrorisé, je ne vais pas y couper : Aïe, aïe, aïe, si j’avais su je me serais tenu à carreaux pour reprendre une expression du Pater. Mais bon, c’est trop tard…Jean-Louis il fallait y penser avant.
J’avais beau supplier la maîtresse : « Je vous jure Madame, je ne recommencerais plus, c’est promis, juré-craché. »
Mais rien n’y fait, la sentence est irrévocable et je sors de l’école avec le mot de la maîtresse dans mon cartable, avec un sale goût dans la bouche.
La maman, douce et aimante, nous attend à la sortie, comme on dit, avec les pains au chocolat du goûter pour ma petite sœur et moi.
« Alors cette journée, ça s’est bien passé ? » demande-t-elle.
« Oui, oui » répondons-nous en chœur, avec la frangine.
Nous rentrons à la maison, et là c’est en route pour les devoirs, oh mon dieu quelle corvée. Ça tourne dans ma tête, il faut que je lâche le morceau avant que mon père ne rentre.
Il faut que je laisse le temps à ma mère de préparer sa plaidoirie et ses effets de manche pour épargner au rejeton que je suis les foudres du patriarche.
Au détour d’une leçon, je lui fais part du petit incident de la journée, en le minimisant bien sûr, en disant que tout le monde en classe a fait l’imbécile, que tout le monde a été puni et que nous avons tous eu un mot dans le carnet à faire signer par les parents.
Et en plus je mens, ouille, ouille, ouille, je m’enfonce…
La douce maman est compatissante. La pauvre, elle va prendre avec moi l’orage paternel.
Je me souviens du discours de mon père : « Tu as de mauvaises fréquentations, il faut bien travailler à l’école pour avoir une bonne situation plus tard. Tu files un mauvais coton, si ça continue, on va te mettre en pension. »
Et je me souviens, que malgré tout cela, des mots dans le carnet de liaisons, il y en a eu d’autres au cours de l’année.
Je me souviens de la boule au ventre et de la gorge serrée…
Mais, je veux surtout me souvenir, qu’avec les copains, on a bien rigolé…à gorges déployées.

J.L.P